Date: 2025-09-09 Venue: PhD Summer School 'Concepts et Langages' 2025 Location: Versaille, France
Dans un contexte d’accélération du réchauffement climatique, la transformation des pratiques individuelles de consommation est jugé indispensable. Pourtant, malgré une adhésion largement partagée concernant l’existence du changement climatique et à l’urgence d’agir face aux risques associés, les changements de comportements demeurent minoritaires et s’avèrent rarement motivés par des préoccupations écologiques et environnementales. Ce paradoxe révèle les difficultés de faire émerger de nouvelles normes sociales capables de transcender la culture consumériste. Cependant, bien que plusieurs hypothèses présentées dans la littérature nous éclairent sur les raisons du développement de la consommation éco-responsable et sur la présence de barrières individuelles limitant la réalisation de ces gestes de manière quotidienne, l’écart entre attitudes pro-environnementales et comportements reste encore largement inexpliqué.
En examinant l'enquête ISSP Environment IV sur les pratiques de consommation et de sobriété, j’analyse quels sont les déterminants sociaux majeurs de ces comportements ainsi que la manière dont ils s’inscrivent au sein d’un nouveau style culturel. À l'aide d'une Correlational Class Analysis, je montre la présence de 4 manières distinctes de se représenter les solutions individuelles et collectives possibles face au changement climatique. Enfin, je mets en perspective la capacité explicative de certains déterminants surreprésentés dans la littérature et démontre l’intérêt de mieux explorer le rôle des réseaux sociaux individuels sur les modifications comportementales vers des alternatives éco-responsables, afin de mieux comprendre les mécanismes d’émergence d’une culture plus sobre. Par cette hypothèse, il s’agit alors d’envisager les actes de consommation éco-responsable non plus comme un concept abstrait, mais comme une dynamique émergeant des comportements individuels.